Quand Marine Le Pen prétend défendre les femmes au travail, c'est pour mieux défendre le capitalisme et le patriarcat

Sur le blog de Steeve Briois, Marine Le Pen prétend défendre les femmes face au projet de réforme du système de retraite. Cet article, intitulé "Les mères et la politique familiale : nouvelles victimes de la réforme des retraites" a pour but d'attirer les femmes "de gauche" vers le FN.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à participer aux actions de protestation qui se développent en ce moment, avec en toile de fond la réforme des retraites. Marine Le Pen a le projet de reprendre le Front National. Pour le rénover, et tenter d'en faire un parti de premier plan, elle souhaite accentuer l'assise populaire du FN. Les femmes sont une cible de choix, le FN a intérêt à glaner leurs voix.

Marine Le Pen développe donc un discours de soutien aux femmes. Mais ce discours est un argumentaire fasciste, qui glorifie la nation, sa vitalité, et réduit les femmes à un rôle de reproduction. Ce discours est un argumentaire fasciste, qui sert le capitalisme.

Pour Marine Le Pen, les femmes doivent "mériter" la retraite parce qu'elles ont assumé deux fonctions : celle de travailleuses et celle de mère. Marine Le Pen se fiche des femmes qui sont travailleuses mais qui ne peuvent ou ne veulent avoir d'enfant. Il ne s'agit donc pas d'un discours favorable aux femmes, d'un discours de solidarité. Il s'agit d'un discours qui vise au contraire à écarter une partie des travailleuses, celles qui n'ont pas d'enfant, de leur aspiration à la justice sociale. Marine Le Pen dit, ni plus ni moins : celles qui méritent la retraite sont celles qui ont enfanté. Les autres ? Qu'elles ne viennent pas se plaindre.

Mais, même quand elle s'exprime au sujet des femmes qui sont travailleuses et mères de famille, Marine Le Pen n'exprime aucune solidarité. Il ne s'agit pas de dénoncer le fait que les femmes font deux journées. Pas un mot de sympathie pour les femmes qui subissent le patron au travail et le patron à la maison. Parce que Marine Le Pen, représentante de la bourgeoisie réactionnaire, "vieille france", ne peut critiquer cet état de fait. Aucune bienveillance de la part de Marine Le Pen fasciste pour qui au fond c'est la place des femmes que faire des enfants et de s'occuper du mari. Aucune connaissance pratique même de ce que celà signifie, elle qui n'a jamais partagé le quotidien du prolétariat. Marine Le Pen ignore que beaucoup de femmes interrompent leur vie professionnelle non par choix familial, mais parce que le capitalisme leur réserve les emplois les plus difficiles, aux horaires morcelés, sous payés, à temps non complet. Les femmes sont massivement victimes du chômage et ont donc logiquement plus souvent des carrières incomplètes.

Car au fond les arguments de Marine Le Pen sont du domaine des idées. Elle qui critique le dogmatisme du projet du gouvernement est tout aussi dogmatique. Pour le front national, il faut que les mères "françaises" enfantent car il en va de la vitalité de la "nation". Les femmes travaillent donc pour la bourgeoisie, pour un homme, pour les enfants, et puis, pour la "nation". Il n'est pas question de remettre tout cela en cause, mais de récompenser les femmes les plus exploitées, en leur permettant de se retirer, à un moment.

Le projet du FN de Marine Le Pen est donc tout sauf une libération des femmes. Au contraire, le FN cherche à graver dans le marbre l'oppression des femmes.

Pour que les femmes puissent concilier tous les aspects de leur vie, il leur faut combattre le patriarcat et le capitalisme. Seule la révolution qui amènera le socialisme permettra de changer en pronfondeur la place des femmes. Les fascistes comme Marine Le Pen, parce qu'ils servent ces deux ennemis des femmes, seront écartés par la force.