A propos du débat sur l'identité nationale.

Ce texte a été en partie produit grâce aux réflexions des participantEs du forum de l'action antifasciste. Nous tenons à remercier ces camarades pour leur clairvoyance. Pour approfondir la question, voici une position des Red Lions 94, et un document marxiste-léniniste-maoïste.


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Le « grand débat sur l'identité nationale » a été lancé il y a plusieurs semaines. L'État bourgeois crée des conditions idéales pour que s'expriment les idées fascistes. On constate d'ailleurs que les « identitaires flamands » comme le FN renforcent actuellement leur discours sur les vertus du « terroir », opposé au « capitalisme cosmopolite ». La vidéo de lancement de la campagne de Marine Le Pen pour les régionales 2010 est criante sur ce point.

Le ministre Besson, lui, se contente d'appeler à « la fierté d'être français ».

 

Les habitantEs du Bassin minier savent bien que la nationalité n'est pas un choix. Nos familles ne sont pas enracinées en France, ce terme n'a d'ailleurs aucun sens. Nous sommes issus d'individus ayant subi la violence des guerres nationalistes, impérialistes, menés notamment par l'Etat français. Nos familles ont fui la famine et l'exploitation dans des pays féodaux, colonisés, notamment par l'Etat français. Nos familles arrivant d'Europe de l'Est, d'Afrique, du Bassin méditerranéen, sont des forces de production au service du capitalisme Français, exploitées, dominées par la bourgeoisie.



Voilà notre seule identité : prolétaires.


 

  • Staline explique ainsi la création des nations modernes : « Les nations qui se sont fondées à l'époque du capitalisme ascendant étaient des nations bourgeoises, car c'était la bourgeoisie et ses partis nationalistes qui constituaient la force principale, dirigeante.
  • La physiologie sociale, politique, et morale de ces nations en ont subi l'empreinte. La paix sociale à l'intérieur de la nation au nom de l' »unité de la nation » ; l'extension du territoire de sa nation par la conquête de territoires nationaux étrangers ; la méfiance et la haine envers les autres nations ; l'oppression des minorités nationales ; le front unique avec l'impérialisme ; tel est le bagage idéologique, politique et social de ces nations. » (« la question nationale et le léninisme »)

 


Ce débat n'a pas d'autre utilité que de servir la bourgeoisie. Il s'agit de resserrer les rangs du peuple autour de la bourgeoisie, en prévision de ce qui est inéluctable : la révolution sociale. Le capitalisme est en crise générale, la bourgeoisie cherche à refonder la nation, contre le prolétariat.

 

La tentation de la social-démocratie, dans ce débat, est de pointer du doigt le danger de l' »apartheid ». Selon ces analyses bancales, le gouvernement tenterait de stigmatiser les « non-blancs » et le rôle des progressistes seraient d'entrer dans le débat pour définir l'identité nationale en « intégrant » les immigréEs. Ce raisonnement à la « touche pas à mon pote » est inadapté, inefficace, et de nature à tromper les révolutionnaires.


  • - Accepter d'entrer dans le débat sur « ce qu'est qu'être français ? » c'est considérer que l'antagonisme des classes n'a pas de fondements, et qu'en fin de compte nous avons ce point commun indépassable avec les exploiteurs : nous serions français.

  • - Dans le bassin minier, nous sommes touTEs issuEs de l'immigration, et nous avons pu voir qu'une petite partie d'entre nous a eu accès à la classe moyenne, voire à la petite-bourgeoisie, tandis que le prolétariat subit des discriminations toujours plus cruelles.


La stratégie de l'Etat bourgeois est d'intégrer les minorités, de se servir des classes moyennes issues de ces minorités pour encadrer le prolétariat.


Le site ami Hapoel a ainsi écrit : « ce qu'il faut voir, c'est que la petite-bourgeoisie commerçante d'origine juive tente d'encadrer et de diriger les masses juives les plus pauvres, prolétaires et « lumpen-prolétaires ».

Pour cela, elle doit produire une idéologie qui neutraliserait les divergences d'intérêts – donc la lutte des classes – au sein de la communauté juive. »

 

Cette analyse peut-être étendue à toutes les minorités nationales.

 

cyrillique


Face au gouvernement qui cherche à sauver la démocratie bourgeoise, impérialiste et mortifère,

Face aux dirigeants des partis et des syndicats « de gauche » qui veulent nous détourner,

Contre les fascistes, qui constituent la réaction sur toute la ligne, et qui ne peuvent que nous conduire à la guerre et au génocide,

L'action antifasciste réaffirme le bienfondé de construire un front antifasciste, pour l'offensive métisse et populaire.

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