antifa - c'est quoi l'autonomie ?

On demande souvent aux membres de l'action antifasciste artois, lors de discussion en réel, ou par Email, pourquoi nous mettons en avant que nous sommes un groupe autonome. La question est « C'est quoi l'autonomie ? »

 

La question est excellente, et la réponse est complexe.

 

L'action politique en France, c'est surtout les manifestations. La pratique la plus répandue est celle d'une personne qui se sent concernée par une manifestation, et s'y rend seule, sans avoir rien préparé, sans y connaître personne. Sur place, cette personne rejoint le cortège d'une organisation politique ou d'un syndicat, avec qui elle partage certaines idées ou certaines pratiques. On lui donne alors un tract, une pancarte, et elle peut reprendre les slogans scandés par d'autres, tout en dansant au son de la sono... A la fin de la manifestation, on invite chacun à rentrer chez soi. Les personnes les plus radicales s'opposent alors souvent aux flics. Les individuEs isoléEs sont alors les proies des flics. On pourrait même croire qu'illes servent de bouclier aux « radicaux » organisés.

 

L'autonomie, c'est se grouper par affinité !

Un groupe autonome est composé de personnes décidées à agir ensemble. Leur organisation antifa devient alors ce groupe. Être dans un groupe autonome antifasciste, c'est donc agir avec son groupe contre l'offensive fasciste. Cela veut dire qu'on peut cesser de participer aux activités antifascistes étiquetées « PcF », « cnt » ou « Ras l'front », pour avoir le champs libre d'agir de façon autonome. demo-antifa_01.jpg

Le groupe autonome travaille sur son territoire pour repérer les activités des fascistes organisés, et comprendre pourquoi et comment le fascisme s'implante sur ce secteur. Le groupe décide également par quel moyen, et notamment avec quel niveau de violence, il faut lutter contre le fascisme. Le but est que le fascisme se casse les dents sur la culture métissée et populaire. Le plus important est que chacunE des membres du groupe se sente en parfaite confiance dans chaque action menée par le groupe. Par exemple, si la majorité du groupe décide de mener une action violente contre un groupe de fascistes, il ne faut pas négliger la voix de ceLLEux qui ne sentent pas le « coup ». Mieux vaut alors revoir ses plans pour intégrer tout le monde dans l'action à mener. Une même action peut avoir différents niveaux de dangerosité (ex : bombage / distribution dans les boites à lettres), le tout étant de n'écarter personne. Dans le cas où une action violente est quand même décidée, il faut que tous les membres du groupe soient au courant, afin que les plus pacifiquEs n'aient pas à subir les conséquences sans y être préparéEs. Un groupe autonome est un groupe de camarades, qui cultivent leurs affinités, savent qu'illes peuvent se faire confiance, et ne laissent personne derrière eLLEux.

 

L'autonomie, c'est être reliés pour atteindre des objectifs !

antifa-camp.jpegBien sur, faire partie d'un groupe antifasciste autonome, ça ne veut pas dire être divisés, isolés des autres antifascistes. Un groupe autonome est un noyau dur, composé de personnes qui se font confiance et qui sont d'accord sur les actions à mener contre le fascisme. Bien souvent, les membres d'un groupe autonome sont aussi d'accord sur la ligne politique, c'est-à-dire qu'ils ont la même définition de ce qu'est le fascisme. On voit souvent des groupes composés que de communistes, d'autres sont composés exclusivement d'anarchistes. On comprend pourquoi : anarchistes et communistes n'ont pas les mêmes priorités dans la lutte contre le fascisme et les fascistes. Un groupe composé de personnes se reconnaissant de ces deux courants révolutionnaires voit ses réunions s'éterniser en débat intéressants, mais qui peuvent être infinis...

Pour autant, quand il s'agit de faire masse, comme pour les grands rassemblements de plusieurs régions, voir de plusieurs pays, comme les contre-sommets du G8, ou les rassemblements anti-OTAN, ou même simplement pour mener une action d'ampleur dans une ville, les groupes autonomes coordonnent les actions des groupes affinitaires. La masse des groupes a alors un objectif commun (par exemple, former un énorme black-block pour se rendre à un point déterminé), et chaque groupe autonome a un objectif une fois l'objectif commun atteint. Les groupes sont évidemment parfois amenés à se coordonner ensemble pour atteindre des sous-objectifs (comme désorganiser les brigades anti-émeute).

Les groupes autonomes sont donc reliés entre eux, pour échanger des informations, mettre des moyens en communs, et former une masse quasi-indestructible !

 

L'autonomie, c'est laisser libre court à l'expression.

Évidemment, ce que nous venons d'expliquer n'est pas neuf. Ce mode d'organisation décentralisée est pratiquée depuis fort longtemps. Il s'agit d'une stratégie qui a montré son efficacité pour la lutte contre le fascisme durant la seconde guerre mondiale en Europe, dans les guérilla en Amérique du sud, ou plus récemment dans les opérations bloc-G8. Nous ne mettons donc personne dans l'insécurité en expliquant ce mode de fonctionnement. Les flics aussi reçoivent des formations...autonom-antifa-cafe.jpg

La force de cette organisation en groupes autonomes est qu'elle permet la multiplicité des initiatives antifascistes. Par l'existence de groupes autonomes antifascistes, un large front s'ouvre contre les fascistes : les groupes se multiplient, et avec eux les moyens de lutte, les expériences et les actions.

Toute les armes sont permises pour attaquer les racines du fascisme qui sont fichées dans le système capitaliste : affiches, stickers, graff, musique, vidéo, théâtre de rue, happening, perturbation de réunions publiques, démonstrations de masse. Tous les styles sont bons pour battre le racisme, le sexisme et le capitalisme qui nourrissent la « culture » fasciste.

 

 

Le peuple peut tout !