Monchy-le-Preux : l'esprit d'entreprise aurait pu tuer

Publié le par Action Antifasciste Artois: Bassin minier en force

systeme-capitaliste.jpgEtre antifasciste, c'est évidemment lutter contre les formes d'oppression. La culture d'entreprise est un outil employé par la bourgeoisie contre les masses qui produisent les richesses. C'est une sorte de petit nationalisme. Il s'agit de faire croire aux prolétaires que leur intérêt est le même que celui des propriétaires de l'entreprise, contre "les autres".
Comme antifa, nous devons dénoncer ce "nationalisme de boîte", qui sert à augmenter toujours la productivité, à casser les grêves, à diviser les individus apartenant à une même classe. C'est sur ce fond d'esprit d'entreprise qu'un fait divers qui aurait pu avoir une fin dramatique a eu lieu à Monchy-le-Preux, à la société de transports Norbert-Dentressangle, mardi vers 13 h 15.
Plusieurs ouvriers discutaient dehors lorsqu'ils ont aperçu des personnes chargeant un Peugeot Partner. Surpris, les trois occupants du fourgon ont pris la fuite, ils venaient de voler plusieurs batteries de camion, stockées dans un container. L'un des salariés, chef d'équipe de 50 ans, a tenté de stopper les voleurs. Pour cela, il s'est jeté sur le pare-brise. Il est resté accroché sur une centaine de mètres, pour finalement lâcher prise dans un rond-point. Il en sort blessé, notamment gravement à une épaule.

Le vol peut apparaître comme une solution temporaire contre le capitalisme. Les pratiques d'autoréduction, parcequ'elles sont politiques, peuvent même valablement être qualifiées d'anticapitalistes. Le vol peut être une pratique authentiquement révolutionnaire quand il est mené en opposition directe au capitalisme. Mais le vol professionnel, qui consiste en un entreprise de bande, dont le but est de s'enrichir individuellement, n'est pas révolutionnaire. Ce type de vol est parfaitement compatible avec le capitalisme, et avec la société bourgeoise dans son ensemble, puisqu'il en partage les valeurs de concurence, de lutte de tous contre tous, d'individualisme. Le prolétariat est bien sur conscient de cela, et est opposé à ce type de vol, qu'il voit comme une injustice.
En plus, à Monchy-le-Preux, les ouvriers ont été témoins du vol de leur outil de travail. Remisées ou pas, ces batteries de camion devaient servir au travail, elles étaient indispensables au travail, au transport. Ce vol est probablement l'oeuvre de professionnels, d'artisans-cambrioleurs qui volent pour revendre. Les ouvriers se sont donc logiquement opposés aux voleurs, qui s'attaquaient à leur travail.

C'est là que l'esprit d'entreprise entre en jeu. Car le chef d'équipe ne s'est pas contenté de mettre les voleurs en fuite, il s'est pris pour spiderman! Il a réagit comme le font les propriétaires, il a  voulu stopper le fourgon, et récupérer "ses" batteries, pour "ses" camions.

En réalité, ce prolétaire de 50 ans aurait pu perdre la vie pour défendre un bien qui ne lui appartient pas et qui, pire, appartient à ceux qui l'exploitent. Car le socialisme ne s'est pas encore imposé, Norbert-Dentressangle n'est pas une unité de production collectivisée. Cette entreprise capitaliste annonce un chiffre d'affaires pour les 9 premiers mois de  2011 de 2 640 M€, en hausse de 25%. Cette richesse s'est évidemment faite par l'exploitation de la force de travail des salariés, il ne peut en être autrement, c'est une réalité économique. Et c'est bien les propriétaires de l'entreprise, des dépôts, des camions, et des batteries de camions (!) qui profitent de ces enrichissements.

L'esprit d'entreprise aurait pu tuer cet ouvrier!
Quoi qu'en disent les bourgeois et leurs alliés fascistes, le capitalisme ce n'est pas que wall street et la finance. Le capitalisme est le régime social et politique fondé sur la propriété privée capitaliste des moyens de production, et sur l'exploitation des ouvriers salariés.

 

Camarade, ne risque pas ta vie pour sauver la propriété de la bourgeoisie!  

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