Lens : Pourquoi une collègienne de 12 ans s'est suicidée?

Publié le par Action Antifasciste Artois: Bassin minier en force

college-de-merde.jpgUne jeune fille de 12 ans, Pauline, s'est donné la mort avec le fusil de chasse de son père, dans la nuit précédent la rentrée scolaire. Pauline a laissé une lettre pour sa famille, dans laquelle elle leur exprime son amour, sans expliquer toutefois son geste. D'après les témoignages de camarades de son collège, Jean Jaurès à Lens, et de l'un de ses proches, Pauline était angoissée par l'école, elle souhaitait ne plus y aller.
Pauline avait été victime de violences physiques et psychologiques. Sa maman a fait état aux journalistes de l'existence d'un certificat médical pour des blessures dues à des coups reçus, et une collègienne a rapporté que Pauline «se faisait 'traiter' par des garçons, qui disaient qu'elle était moche et que c'était un garçon manqué»
La réaction du personnel de l'administration est de nier ces faits et témoignages. Le principal, comme les prof, estiment que la jeune élève était renfermée et devait avoir des problèmes personnels, sans lien avec l'école.

Les collèges sont des lieux de privations de liberté. Les fonctionnaires qui y travaillent sont des agents de la bourgeoisie, dont le rôle est de maintenir une paix apparente. Les enfants sont tenus d'accumuler un savoir qui leur est transmis de manière magistrale : le maître parle, les élèves écoutent. Ces savoirs sont déconnectés des questionnements de jeunes qui souhaitent comprendre le monde. Le collège (C.E.S) est une création de la période des trentes glorieuses, et répondait à un besoin de cette époque. Il s'agissait de la phase durant laquelle l'état bourgeois faisait la sélection entre les enfants qui deviendraient des futurs cadres du système, et ceux qui composeraient la masse de ceux qui produisent. L'élite accèdera au lycée et à la fac, les autres subiront l'école jusqu'à la quitter, écoeuréEs, et plus ou moins diploméEs. Aujourd'hui, avec la crise du capitalisme, la bourgeoisie est en pleine décadence. Son attention est toute entière concentrée sur sa propre survie, sur le maintien de ses privilèges. Elle n'a plus intérêt à l'élévation scientifique et culturelle des enfants des classes populaires. Les jeunes sont parfaitement conscients de cela. De même, ils savent que les professeurs ne sont pas capables de permettre l'ascension sociale qu'ils prétendent apporter. Ils ne font que renforcer la frustration, l'injustice sociale resentie en dehors du collège. Quand un jeune met le feu à l'école, les profs réclament des primes et des flics!
Les prof sont à ce point hermétiques aux souffrances de leurs élèves qu'ils en nient l'existence. L'exemple de Pauline nous le rappelle aujourd'hui avec effroi.

Face à la douleur de la famille de Pauline, l'état français dit qu'il cherche des explications. Le procureur, les flics, le principal et sa cellule psychologique l'affirment : il ne faut pas tirer de conclusions hatives, l'enquête est en cours. Mais nous savons que l'état français ne reconnaitra pas sa responsabilité. Les officiels diront que ce sont les enfants qui sont en cause, car ils sont violents. On accusera les jeux video, les films, internet. Les plus "à gauche", en réalité représentants de la social-démocratie, soutiendront que c'est la violence des quartiers populaires qui se répend, et que l'école devrait redevenir un "havre de paix".

Mais en réalité, les collégiens sont éduqués pour une compétition "à mort", on leur fait comprendre avec cynisme qu'un nombre de plus en plus limité d'entre eux s'en sortira. Les filles sont persécutées, les plus jolies, les plus "mures", sont victimes des commentaires sexistes des jeunes garçons maintenus dans l'ignorance quasi-totale par rapport à la sexualité. Les jeunes filles, comme les garçons d'ailleurs, qui sont jugées différentes sont écartées, moquées et victimes de violences.

Ce climat de sélection et de mise à mort sociale, c'est l'école elle-même qui la crée. L'école de la classe bourgeoise, la classe qui crée le fascisme.


Publié dans Vie de luxe

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Rakotomalala 06/01/2012 11:22


Dans les années 1880, il était dit ouvertement à l'Assemblée nationale ce que la sociologie a du redécouvrir, à savoir que le système scolaire devait éliminer les enfants des couches les plus
défavorisées. Quelques rares exemples de réussite de l' "ascenceur social" ont été l'arbre qui a caché la forêt. Mais le questionnement a été refoulé à mesure que le système scolaire s'est mis à
assumer ce que la classe dominante attendait de lui. L'intérêt du retour sur la genèse d'un phénomène est très important parce qu'il y a, dans les commencements, des débats où sont dites en
toutes lettres des choses qui, après, apparaissent comme des révélations provocatrices des sociologues.


Stay true!!

2ou3x 06/01/2012 00:33


Piloophaz feat Liar-X - Brûle ton ékole :


http://www.youtube.com/watch?v=pO7mMYqsUfw