De DSK au boulanger de Vitry-en-Artois, détruisons le patriarcat

Publié le par Action Antifasciste Artois: Bassin minier en force

http://pelenop.fr/wp-content/uploads/2011/03/bangbang.jpgLes femmes sont fréquemment victimes de violences sexuelles, notamment au travail. L'état français reconnait officiellement qu'une femme sur trois est concernée par ce qu'il qualifie de harcèlement sexuel.

Un fait de ce type vient d'être jugé à Arras, il s'agit de l'agression sexuelle d'un membre de la petite bourgeoisie, C.W, boulanger à Vitry-en-Artois, sur (au moins) une prolétaire, vendeuse dans une de ses boutiques.

 

 

 

Voilà comment le journal france-soir raconte l'histoire :

 

                                      "Des baisers sur la bouche, des mains aux fesses, des allusions graveleuses, « pouet-pouet » en agrippant ses seins... L'employée a dû le supporter quotidiennement, neuf mois durant. Le premier assaut se produit un vendredi soir, alors que la femme de l'accusé s'occupe de la fermeture de l'une de leurs boutiques. Le patron se retrouve donc seul avec son employée... à qui il demande de lui montrer ses seins. La plaignante raconte qu'elle s'est débattue avant de se réfugier dans les toilettes alors que son chef la poursuivait. Le lendemain, il s'excuse. Elle reprend son travail.

Elle pense que tout est terminé, qu'il a simplement « dérapé ». Loupé. Deuxième incident... L'employée passe devant les toilettes alors que son patron est en train d'uriner, la porte ouverte. Il la somme de regarder son sexe, et lui demande une fellation. Là encore, elle s'enfuit. Une troisième fois, C. W. baisse les volets plus tôt que d'habitude et demande à son employée de lui montrer son sexe.

La victime dit « vivre un véritable enfer. » Une collègue à qui elle s'est confiée lui conseille de porter plainte, mais elle n'ose pas. Devant la cour, elle explique : « J'ai eu très peur, j'avais besoin de mon travail ». Elle finit par en parler à son médecin qui la met en arrêt maladie."



Cette histoire révoltante montre clairement que le patriarcat règne dans l'artisanat. Le patron possède les moyens de productions, dont les humains. Il possède les êtres vivants et veut imposer de consommer du sexe avec son employée qui a pourtant clairement exprimé son refus. On voit bien qu'on est dans la culture de la domination, brutale et physique.

L'avocat désire qu'on innocente son client, et fait référence à l'affaire Dominique Strauss Kahn : « Une rumeur qui a circulé dans l'entreprise (...) n'en fait pas un DSK en puissance ». Le cynisme de l'avocat égale la nonchalence du boulanger qui reconnaît  « avoir eu un flirt » avec son employée « consentante ». Il nie la gravité des faits, et ne consent qu'à reconnaître « une humeur badine ».

 

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Boulanger, il est artisan de la gastronomie française. Rien d'anormal au fond à ce qu'il se réfugie derrière l'esprit français, la beauferie frenchie.
Dans l'esprit des bourgeois qui ont façonné la culture dominante en France, il serait de l'ordre du mode de vie détendu, du comportement du bon vivant rigolo, de peloter les femmes qu'ils peuvent dominer. Victor Hugo lui-même ne tripotait-il pas sa bonne tout en se décrivant comme un papy gateau? On voit dans cette histoire le manque de franchise qui est la règle dans les couples petit-bourgeois. Monsieur rêve de décadence, d'assouvir une sexualité dans tous les sens. Mais, dans le même temps, il attend que sa femme soit absente du magasin pour s'exhiber devant son employée. C'est en somme le petit-dominant qui rêve de devenir grand. Le boulanger qui voudrait se comporter comme dans les partouzes chics, mais qui n'en assume pas la posture prétenduement rebelle. C'est dégueulasse et pathétique.
On retrouve cette obsession pour la sexualité crasse chez les fascistes. Les nazis organisaient des orgies qui peuplent encore aujourd'hui l'imagerie des soirées sado-maso. Moins "eyes wide shut", on peut aussi lire sur le blog de la Vlaams huis que ces fachos "bandent" en voyant le dos de leurs ennemis prennant la fuite. Ils encouragent donc les antifa (dits) radicaux à amener leurs petites amies dans les bastons de hooligans, car ils préfèreraient voir leurs fesses...
Violeurs en puissance, barbares !
Le "club social" de la vlaams huis, comme celui de la maison de l'artois, cultive donc la beauferie. Les petits bourgeois en pleine déconfiture paniquent face à la crise du capitalisme et s'imaginent partouzer comme les grands bourgeois du 20ème siècle, comme la noblesse courtisane décadente de Sparte.

Pour les DSK, le boulanger de Vitry-en-Artois ou les fachos des "clubs sociaux réunis", la sanction viendra du peuple. Car les gens des quartiers populaires veulent l'amour authentique dont le mode de vie capitaliste les prive, pas de la beauferie franchouillarde. Cette guerre sera celle des masses, pas de quelques militants encartés. Dans ce sens, la condamnation infligée par la justice bourgeoise au boulanger tripoteur est ridiculement faible (cinq mois de prison avec sursis, une amende de 600 euros et 3.000 euros de dommages et intérêts à verser à sa victime). C'est toute la culture bourgeoise faussement libérée, celle qui cache en réalité la souffrance des femmes et la domination par le sexe, qui disparaitra par le combat antifasciste révolutionnaire.


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Pour cela, l'action de propagande et de production théorique menée par les féministes du groupe Pélénop.fr est un outil précieux. Elles énoncent la nécessité pour les femmes de se débarrasser par la force de l'oppression qu'elles subissent de la part des hommes. Elles insistent sur la solidarité dont les femmes font preuve, quand bien même certaines d'entre elles, comme la femme du boulanger, pensent devoir prendre la défense de leur mari devant les tribunaux.

 

Pas d'antifascisme sans antisexisme !

Publié dans Antifascisme

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