Mardi 7 juillet 2009


Le Front national n'a pas emporté la mairie d'Hénin-Beaumont. La liste de Daniel Duquenne, soutenue par la quasi-totalité des partis politiques, y compris l'UMP, a obtenu 52,38 % des voix. La liste FN conduite par Steeve Briois et Marine Le Pen a recueilli 47,62 % des suffrages. Le taux de participation qui avait atteint 60,15 % au premier tour, a atteint dimanche 62,38 %.

Le FN progresse donc de 10 points, soit d'environ 1000 voix, et obtient 8 sièges au conseil municipal.

Si Steeve BRIOIS n'est pas Maire cette fois, il est impossible de voir dans ces résultats une défaite électorale du FN.



Briois est un personnage atypique, loin d'être la marionnette de Marine Le Pen, il est l'acteur principal de la réussite du FN à Hénin Beaumont. Par ailleurs, il n'est pas un pur produit du FN, en effet, il a voyagé du FN au MNR, avant d'être à nouveau investi par un FN qui avait besoin de victoire.
Steeve BROIS se définit lui-même comme l'enfant du Pays, et le fait est que beaucoup le reconnaissent comme tel, et apprécient qu'il ne soit pas un "parachuté". C'est son travail de militantisme qui permet aujourd'hui d'asseoir sa légitimité auprès des habitants de Hénin-Beaumont.

Comme nous l'avons déjà remarqué, le programme électoral de Steeve BRIOIS est clairement tourné vers les intérêts de la petite-bourgeoisie. En effet, il fait de la défense du petit commerce et de la sécurité l'axe principal de sa politique, la baisse des impôts locaux et les projets urbains favorables à la propriété privée du foncier étant les arguments les plus utilisés par la propagande de la liste "Hénin Beaumont renouveau".

Les artisans et petits commerçants du centre Ville sont confrontés à la concurrence directe du Centre Commercial Auchan Noyelles Godault, dont les 22 000 m² de surface de vente aspirent toute activité commerciale. Outre le supermarché (le plus grand de la marque en France), une zone entièrement aménagée, asphaltée, avec ses rond-points et ses feux rouges, est dédiée à l'aménagement de l'habitat, tandis qu'une autre est consacrée à la restauration et aux loisirs.
Ce pôle commercial est le fruit d'un projet de développement économique élaboré par les municipalités sociales-démocrates qui se sont succédées depuis 30 ans, encourageant sans cesse l'essor de la grande distribution, ainsi que de l'intercommunalité (Communauté d'agglomération d'Hénin Carvin), qui a "vendu" le projet à Auchan et à ses partenaires.
Steeve Briois écume les rues et les marchés de Hénin-Beaumont depuis des années, accompagnés de militantEs qui lui sont dévouéEs, et ce, que des échéances électorales approchent, ou non. Ce contact direct avec les commerçants lui a permis de développer un argumentaire en leur faveur. Il a gagné leur confiance, et son projet de réaménagement urbain, visant à redynamiser et à sécuriser le centre ville, séduit nombre de nostaligiques du Hénin prospère et vivant de " l'époque bénie des houillères".

En dehors des petits commerçants, le centre commercial mécontente d'autres habitants. Steeve Briois a été le premier à différencier les Héninois des Beaumontois, depuis la fusion des communes de Hénin-Liétard et Beaumont en Artois en 1971. Cette distinction n'est pas neutre : Beaumont faisait figure de village à dominante agricole avant que le centre commercial Auchan ne s'implante. De nombreux petits propriétaires, employés en dehors de Hénin, cherchant le calme de la campagne avaient investi dans la pierre beaumontoise, et se trouvent aujourd'hui dans l'insécurité quant à la réalisation de leur plus-value à la revente. De plus, durant la même période, ces mêmes personnes, qui craignaient pour leur bien, ont vu les impôts locaux doubler en six ans, au cours du mandat de Dallongeville.


Hénin Beaumont a une culture ouvrière, de nombreuSEx HeninoiSEs ont fait l'histoire du mouvement ouvrier, ont versé leur sang : PCF, SFIO et CGT y faisaient le plein d'adhérentEs. C'est cet héritage ouvrier familial, culturel, qui a permis à la sociale-démocratie de s'imposer.
D'abord, à l'époque de l'industrie lourde, de la métallurgie, de la mine, en détournant les ouvrierEs de leurs aspirations révolutionnaires, le vieux syndicat et ses alliés parlementaires ont imposé la "raison", le bon sens, en s'alliant avec le patronat pour s'imposer en médiateurs.
Ensuite, alors que la crise des années 70-80 menaçait les emplois et la vie des ouvrierEs, les socio-democrates ont désamorcé les volontés révolutionnaires en promettant d'abord de sauver les industries lourdes, puis, de restructurer l'économie locale en attirant des entreprises, ou en développant l'emploi public territorial.
Enfin, aujourd'hui, les socio-traitres se postent en garants de la démocratie, en rempart contre la "bête immonde", et appellent les ouvrierEs à se remémorer leurs valeurs progressites, dont ils seraient eux-mêmes les légitimes représentants.

Leur programme est un vide politique, leur existence ne tient qu'à la "morale républicaine", la sauvegarde des institutions, envers et contre tout.

Bien sur il y a les magouilles de l'ancien maire PS, qui heurtent légitimement la morale des habitantEs, et qui permettent sans doute à Brois de ralier à lui au son du refrain habiuel de "tous pourris". Mais au delà, Briois a su s'éloigner des clichés de l'extrême droite.
Il dit ne pas être raciste, le slogan "les français d'abord" ne figurent plus sur ses documents depuis 2001. Il dit ne pas être sexiste, la parité est respectée, et de nombreuses femmes militent au côté de Steeve. Notons que même la flamme du FN ne figure ni sur ses documents de campagne, ni sur son blog, qu'il tient personnellement depuis de nombreuses années.
Même si les commentaires de e-héninoisES sont nombreux, ses liens avec les habitantEs de la Ville vont au delà de l'internet : ses militantEs mènent de réelles enquêtes sociales dans les quartiers, connaissent les problèmes, fédèrent des aspirations et des colères.
Briois, à lui seul, a rassemblé près de 48% des votantEs. Marine Le Pen, quoi qu'en disent les médias, n'était que numéro 2.

Si Briois est intervenu en ouverture du congrès national du FN qui s'est tenu à Arras les 14 et 15 Mars 2009, c'était pour signaler à quel point sa stratégie avait été fructueuse. Il n'a pas abordé les thèmes de l'immigration ou de la France éternelle, mais s'est concentré sur l'offre politique.

Briois est un quasi-fasciste, en ce qu'il aspire à occuper un mandat politique local, ancré dans le paysage politique institutionnel. Briois est un pré-fasciste, en qu'il entend amener les éléments culturels et économiques locaux compatibles avec un projet fasciste global.
En effet, positionné en rebel, censé lutter seul contre tous  au delà des apparences, Briois a développé une stratégie identitaire. Prétendant oeuvrer pour le bien des héninoiSEs et des beaumontoiSEs, Briois fait appel à nos racines régionales, familiales, sociales, pour consolider un paternalisme économique et politique.

Le rôle de Steeve Briois au sein du mouvement fasciste n'est pas à négliger. Il peut être vu comme une interface entre les nationalites et les identitaires, il nous montre par sa stratégie politique, comment un pro-fasciste peut créer un terreau favorable à la rencontre des identitaires et des nationalistes en terre ouvrière.

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Le savoir est une arme. L'antifascisme doit être armé.
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Par action antifasciste artois - Communauté : Groupes Antifascistes
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Lundi 29 juin 2009
Voici la critique d'un texte de No Pasaran (à voir sur le site de l'AA Bordeaux : http://www.aabdx.e3b.org/ ) par nos amiEs de l'Action Antifasciste de Bordeaux.

Un texte concis, clair, juste, bref l'AA :P .
L'AA a une culture indéniablement ancrée dans son époque...

Merci à l'AA BDX.


"Ce texte pose de gros problèmes dans le cadre de la lutte contre le fascisme et ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a été repris par la pseudo agence de presse fasciste sans le moindre commentaire.

Cette publication s’est faite en y accolant notre logo. Ainsi, il est nécessaire d’expliquer que nous n’avons pas les mêmes conceptions du fascisme que ce groupe.

Nous avions déjà exprimé nos désaccords suite à la manifestation anti-Soral et, à cette occasion, nous les avions invité à débattre. Ils n’ont pas cru bon de répondre à nos critiques.

Mais ce n’est pas tout, dans le texte du numéro 74 de No Pasaran (journal des « antifascistes radicaux »), ils vont jusqu’à affirmer qu’il n’existe pas de site internet consacré à l’antifascisme à Bordeaux. Nous laissons chacun libre de taper « antifa Bordeaux » sur google pour voir ce qu’il en est !



 Mais revenons aux conceptions véhiculées par ce texte.
Pour ces « antifascistes radicaux », le terrain d’affrontement entre fascisme et antifascisme, en plus d’être réduit à celui de fascistes/antifascistes comme nous l’avons montré précédemment, est compris comme étant uniquement une confrontation physique dans la rue.

C’est une grosse erreur de penser cela. Le terrain, c’est tout l’espace social : des profils facebook aux discours autour des matchs de foot du village, des discussions entre collègues au boulot, aux pratiques quotidiennes envers les plus faibles de la société.

Dans ce discours, la compréhension du fascisme est limitée à des individus et a fortiori des militants qui mettent en danger directement et immédiatement une partie de la population dont la plus courageuse devient antifa ! C’est tout simplement la vision d’une bande qui cherche avant tout à préserver sa tranquillité (pouvoir sortir tranquillement, organiser des concerts afin d’être entre-soi !...) et ce n’est pas un hasard si les « antifascistes radicaux » arrivent à reconnaître l’existence de fascistes à Libourne sans pour autant que cela ne leur pose de problème !!!

« Antifasciste radical » : nous pensons qu’il faut se méfier du culte de la quantité et qu’il ne faut surtout pas oublier la qualité. Autrement, on finit par louer des termes comme « militant », « radical », « engagé », « rebelle »… qui ne veulent rien dire et qui sont aussi utilisés par les fascistes !



 En fait ces « antifascistes radicaux » ne comprennent pas, non seulement le champ culturel, mais aussi l’origine économique du fascisme.

En effet, la crise économique du système capitaliste pousse les bourgeois à financer les fascistes qui étaient jusqu’alors en position de proposition stratégique. Au moment où les gros bourgeois se décident à mettre leur presse et leurs milliards au service des fascistes afin de maintenir l’exploitation du prolétariat poussé à la révolte par la crise économique, tout peut aller très vite.

Pour le moment, la plus grande partie de la bourgeoisie ne finance pas les fascistes mais ce sera sûrement le cas avec la crise du capitalisme qui s’aggrave. Ce que ces anciens spécialistes n’ont pas compris, c’est que si c’est le cas, ça voudra dire qu’il est trop tard, qu’on aura déjà perdu (au moins temporairement comme en 1933 où la parti communiste d’Allemagne a eu les plus grandes difficultés à survivre avant d’organiser la résistance)…

Refuser l’économie politique a pour conséquence la description que les « antifascistes radicaux » font des fascistes : ils apparaissent, croissent, disparaissent sans raison apparente !!! C’est un peu comme si la météo se résumait à un thermomètre ! Comme si les fascistes étaient seulement des boneheads (skinheads néo-nazis).


 Premièrement, être fasciste, ce n’est pas mettre un déguisement et crier très fort qu’on est fasciste, c’est tenter de favoriser la progression du fascisme par tous les moyens et comprendre que la brutalité n’est pas toujours la meilleure solution dans le cadre d’un projet à long terme.

Mais il ne faut pas oublier non plus qu’un fasciste est aussi le résultat d’un glissement lent et progressif d’un individu vers une position fascisante qui ne dit pas son nom comme le fait de laisser faire l’exclusion des filles voilées de l’école, de considérer que « si les pauvres sont dans la merde, c’est bien de leur faute », que l’avortement ne devrait pas être dépénalisé, que les problèmes en France viennent de l’étranger (Etats-Unis, Chine, Israël, pays « arabes », Afrique….)… Il faut donc combattre ces positions !



 Comme le dit très bien le héros américain dans « pour qui sonne le glas » de Hemingway (roman au cœur de la guerre d’Espagne dont nous avons parlé les 16 et 19 mai 2009) « Il y en a beaucoup qui ne savent pas qu’ils sont fascistes, mais ils le découvriront le moment venu. »

Pour terminer avec cette analyse produite par le courant « antifasciste radical », précisons que ceux qui pensent que l’antifascisme est une affaire de « militants » spécialistes, non seulement se trompent mais, beaucoup plus grave, méprisent le peuple. Alors qu’au contraire, la garantie réelle contre le fascisme, c'est l'action des masses elles-mêmes. Aujourd’hui, ce n’est qu’en contribuant à la diffusion de la culture antifasciste et en aidant le peuple à s’organiser qu’on lutte contre le fascisme.

Et si on peut avoir des désaccords sur la manière de lutter contre le fascisme, il faut avoir l’audace de débattre, de confronter ses idées avec la réalité et le courage de reconnaître quand on se trompe pour que tout le monde progresse afin d’être efficaces dans la lutte antifasciste, pour la révolution."


Lire le texte de NO PASARAN
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